Attaque de Mamon : quelle réponse des autorités haïtiennes face à la coalition « Kokorat San Ras » et « Gran Grif » ?
Une nouvelle attaque attribuée à la coalition des groupes armés « Kokorat San Ras » et « Gran Grif » a frappé, le mardi 15 septembre 2026, la localité de Mamon/Pòl, dans la commune de Saint-Michel-de-l’Attalaye, dans le département de l’Artibonite. Selon les informations rapportées par la presse locale, plusieurs membres de la population civile ont été tués et d’autres blessés.
Par Dichi Joseph
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Cette nouvelle offensive soulève une question centrale : quelle sera la réponse des autorités haïtiennes face à cette nouvelle démonstration de force des groupes armés dans l’Artibonite ?
Au moment de la rédaction de cet article, aucune déclaration officielle spécifique concernant cette attaque n’a été identifiée dans les sources gouvernementales consultées. Le portail officiel de communication du gouvernement publie habituellement les communications relatives aux actions de l’exécutif et aux questions de sécurité.
Une population une nouvelle fois exposée
L’attaque de Mamon intervient alors que Saint-Michel-de-l’Attalaye fait déjà face à une pression importante des groupes armés.
Ce n’est pas la première fois que les noms de « Kokorat San Ras » et « Gran Grif » apparaissent dans des informations concernant cette commune. En juillet 2026, plusieurs localités de Saint-Michel-de-l’Attalaye, notamment Mamon et Nan Paul, avaient déjà été ciblées par ces groupes, selon des informations rapportées par la presse haïtienne.
La répétition de ces attaques pose donc la question de la capacité de l’État à assurer durablement la sécurité des populations vivant dans les zones rurales de l’Artibonite.
Au-delà du bilan humain, chaque attaque entraîne des conséquences importantes : déplacement de familles, interruption des activités économiques, fermeture éventuelle d’établissements scolaires et commerciaux, difficultés d’accès aux soins et renforcement du sentiment d’abandon au sein des communautés touchées.
Que dira la ministre Raina Forbin ?
La question est particulièrement intéressante dans le contexte actuel.
La ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, est régulièrement appelée à représenter la position du gouvernement haïtien auprès des partenaires internationaux. Son ministère joue donc un rôle important dans la communication diplomatique autour de la crise sécuritaire et dans la mobilisation du soutien international.
Mais face à une attaque directement dirigée contre une population civile haïtienne, l’enjeu dépasse la seule communication diplomatique.
La population attend notamment de savoir quelles mesures concrètes sont prises par les autorités sécuritaires : intervention de la Police nationale d’Haïti, présence des Forces armées d’Haïti, protection des populations déplacées, sécurisation des axes routiers et prévention de nouvelles attaques.
La question sera donc de savoir si le gouvernement annoncera une nouvelle réunion de la chaîne sécuritaire, une intensification des opérations ou des mesures spécifiques pour Saint-Michel-de-l’Attalaye et les autres zones menacées.
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La question du FAES et de l’aide aux victimes
Une autre dimension mérite également d’être examinée : la réponse humanitaire.
Si plusieurs victimes civiles sont confirmées, l’action de l’État ne peut pas se limiter à la dimension militaire ou policière. Les familles touchées peuvent avoir besoin d’une assistance urgente, notamment pour l’alimentation, les soins médicaux, le logement temporaire et la protection des personnes déplacées.

Le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES) pourrait ainsi être appelé à participer à une éventuelle réponse humanitaire, si une décision gouvernementale allant dans ce sens est annoncée.
Il faudra toutefois attendre une communication officielle pour déterminer précisément quelles institutions seront mobilisées et quelles mesures seront effectivement prises.
Une nouvelle épreuve pour la stratégie sécuritaire
L’attaque de Mamon intervient également dans un contexte où le gouvernement doit démontrer sa capacité à reprendre progressivement le contrôle des territoires confrontés à l’expansion des groupes armés.
La question n’est donc plus uniquement de savoir si les autorités vont réagir après chaque attaque. Elle concerne aussi la capacité de l’État à empêcher que certaines localités deviennent durablement vulnérables aux incursions des groupes armés.
L’Artibonite constitue à cet égard un terrain particulièrement sensible. Les attaques attribuées à « Gran Grif » et « Kokorat San Ras » dans différentes localités montrent que la situation sécuritaire demeure instable dans plusieurs zones du département.
Entre déclarations et résultats sur le terrain
Le principal enjeu pour les autorités sera donc de démontrer que les annonces sécuritaires se traduisent par des résultats visibles sur le terrain.
Les habitants de Mamon et des autres localités affectées attendent avant tout la protection de leurs vies et de leurs biens.
La prochaine communication officielle du gouvernement sera par conséquent scrutée avec attention. Raina Forbin prendra-t-elle la parole ? Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé annoncera-t-il de nouvelles mesures ? Les autorités sécuritaires présenteront-elles un bilan des opérations menées dans l’Artibonite ?
Pour l’instant, ces réponses restent ouvertes.
Une chose est cependant établie : le 15 septembre 2026, la population de Mamon a une nouvelle fois été confrontée à une attaque attribuée à des groupes armés, avec plusieurs morts et blessés rapportés par des sources locales.
La question désormais posée au gouvernement est celle de la réponse : au-delà des déclarations, quelles actions concrètes seront engagées pour protéger Mamon, Saint-Michel-de-l’Attalaye et les autres communautés de l’Artibonite ?


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