Haïti : le gouvernement verse 100 000 gourdes aux déplacés du site de Bourdon pour libérer les lieux

Lire aussi ONA-éducation et ONA-police deux programmes pour l’amélioration sociale.
Plusieurs familles déplacées qui occupaient le site de Bourdon ont commencé à évacuer les lieux après avoir reçu une aide financière de 100 000 gourdes accordée par le gouvernement haïtien. Cette assistance vise à accompagner leur réinstallation et s’inscrit dans une stratégie plus large de récupération des zones affectées par l’insécurité.
Selon les autorités, cette initiative fait partie d’une vaste opération destinée à redonner vie à plusieurs quartiers repris des mains des groupes armés, notamment Solino. L’objectif est de permettre le retour progressif des activités dans ces secteurs tout en améliorant les conditions de sécurité.
Plusieurs institutions publiques ont été mobilisées pour mener cette opération, notamment le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), la Direction départementale de l’Ouest (DDO) ainsi que le Système national de gestion des risques et des sinistres (SNGRS). L’ensemble de l’opération est coordonné sous la supervision du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales.
Près de 2 millions de gourdes auraient été décaissées pour financer cette première phase. Au-delà de l’aide financière accordée aux familles, les autorités expliquent que cette démarche vise également à renforcer le contrôle sécuritaire sur la route de Bourdon. La libération du site devrait permettre à la Police nationale d’Haïti (PNH) d’intensifier sa présence dans cette zone, de réduire les risques d’enlèvements et de faciliter la réhabilitation des espaces occupés.
Toutefois, l’opération ne fait pas l’unanimité. Selon plusieurs informations recueillies sur place, certains responsables auraient exercé des pressions sur des familles qui hésitaient à quitter les lieux. Plusieurs bénéficiaires estiment que les 100 000 gourdes proposées sont insuffisantes pour couvrir les coûts d’une réinstallation durable, notamment dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et la difficulté d’accéder à un logement.
De son côté, le gouvernement affirme que cette initiative constitue une première étape vers une solution durable pour les personnes déplacées. Les autorités soutiennent qu’un retour dans un logement plus adapté est préférable au maintien dans des abris précaires, où les risques sanitaires et sécuritaires demeurent particulièrement élevés.
L’opération devrait se poursuivre dans les prochains jours avec l’accompagnement des institutions concernées afin de favoriser la réinstallation des familles et la poursuite des actions de réhabilitation dans les zones ciblées.


