ONA : plusieurs bureaux paralysés par une grève, la gestion de Lovely François de nouveau mise en cause
L’Office national d’assurance-vieillesse (ONA) traverse une nouvelle zone de turbulences. Plusieurs bureaux de l’institution ont été paralysés ce lundi 3 août 2026 à la suite d’un mouvement de protestation lancé par des employés qui dénoncent la gestion de la directrice générale, Lovely François. Les manifestants l’accusent notamment de mauvaise gouvernance, de corruption, de favoritisme et de pratiques administratives qu’ils jugent contraires aux principes de transparence et de bonne gestion.
Par Dichi Joseph
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Selon les informations disponibles, les bureaux de l’ONA de Hinche, des Gonaïves et des Cayes figurent parmi les antennes touchées par ce mouvement. Les employés ont interrompu les activités afin d’attirer l’attention des autorités sur leurs revendications, après plusieurs semaines de dénonciations restées sans réponse.
Au cœur des accusations figurent l’octroi présumé de pensions dans des conditions contestées, des transferts arbitraires de personnel ainsi que le recrutement de nouveaux employés âgés de 50 à 60 ans. Les protestataires estiment que ces décisions ne respectent ni les critères de mérite ni les règles de gestion des ressources humaines, alimentant un profond malaise au sein de l’institution.
Les syndicats et plusieurs employés vont encore plus loin en affirmant que certaines nominations auraient été effectuées sur recommandation de chefs de gangs armés. Ces allégations, particulièrement graves, n’ont toutefois pas, à ce stade, fait l’objet d’une confirmation officielle par les autorités compétentes. Elles contribuent néanmoins à renforcer la méfiance des employés envers la direction de l’ONA et à alimenter les appels à une enquête indépendante.
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Depuis plusieurs semaines, les organisations syndicales multiplient les interventions publiques pour réclamer le départ de la directrice générale et la mise en place de mesures visant à restaurer la crédibilité de l’institution. Elles affirment avoir privilégié le dialogue avant de recourir à la paralysie des bureaux, estimant que leurs revendications n’ont pas été prises en considération.
Le silence observé jusqu’à présent par le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, suscite également de nombreuses interrogations. Malgré l’ampleur des accusations et la détérioration du climat social au sein de l’ONA, le chef du gouvernement ne s’est pas encore exprimé publiquement sur cette crise. Cette absence de réaction est vivement critiquée par les employés, qui y voient un manque d’intérêt pour les difficultés auxquelles fait face l’institution.
Cette paralysie pourrait avoir des conséquences importantes pour les milliers d’assurés qui dépendent quotidiennement des services de l’ONA. Les retards dans le traitement des dossiers, le paiement des pensions et les différentes démarches administratives risquent de s’accentuer si le conflit venait à se prolonger. Dans un contexte économique déjà difficile, une interruption prolongée des services pourrait affecter de nombreux bénéficiaires, notamment les retraités et les personnes en attente de prestations.
Au-delà des revendications des employés, cette crise remet en lumière les défis structurels auxquels sont confrontées plusieurs institutions publiques haïtiennes. Les questions liées à la transparence, à la gouvernance, à la gestion des ressources humaines et à la lutte contre la corruption demeurent au centre des préoccupations de nombreux citoyens et observateurs.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle de la direction générale de l’ONA n’a été rendue publique en réponse aux accusations formulées par les employés et les syndicats. Il reste également à savoir si le gouvernement interviendra rapidement afin d’ouvrir un dialogue entre les différentes parties et d’éviter une aggravation de la crise.
En attendant une éventuelle réaction des autorités, les employés maintiennent leur mouvement de protestation et la situation demeure tendue dans plusieurs bureaux de l’Office national d’assurance-vieillesse. L’évolution de ce dossier sera suivie de près, tant en raison de ses implications pour les employés que pour les milliers de citoyens qui dépendent des services de cette institution.

