Renan Hédouville arrêté aux États-Unis : l’ancien Protecteur du citoyen visé par une enquête de l’ULCC
L’ancien Protecteur du citoyen, Me Renan Hédouville, a été arrêté mardi 25 août 2026 aux États-Unis, alors qu’il effectuait des démarches visant à régulariser son statut migratoire, selon plusieurs sources médiatiques haïtiennes.
Par Dichi Joseph
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D’après les informations disponibles, son dossier aurait refait surface au cours de la procédure administrative engagée auprès des autorités américaines. Les services américains auraient alors constaté que l’ancien responsable haïtien faisait l’objet d’un avis de recherche émis par l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) en Haïti.
Selon une source citée par les médias haïtiens, l’arrestation serait intervenue dans le cadre de cette situation judiciaire. Une source présentée comme étant bien informée de l’Immigration américaine affirme par ailleurs que Me Hédouville pourrait être déporté vers Haïti dans les prochains jours. Cette dernière information n’a toutefois pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle publique des autorités américaines.
Un dossier ouvert depuis 2025
Le nom de Renan Hédouville est associé depuis plusieurs mois à une enquête de l’ULCC portant sur sa gestion à la tête de l’Office de la Protection du citoyen (OPC). L’ancien Protecteur du citoyen avait dirigé l’institution de 2017 à 2024.
En mai 2025, l’ULCC avait transmis à la justice plusieurs rapports d’enquête concernant des personnalités soupçonnées de faits de corruption. Dans le dossier concernant Renan Hédouville, l’institution anticorruption avait recommandé l’engagement de poursuites judiciaires pour des faits présumés de détournement de biens publics et de passation illégale de marchés publics.
L’enquête de l’ULCC avait notamment relevé des irrégularités présumées dans la gestion de missions officielles de l’OPC. Selon les éléments rapportés à l’époque, plusieurs voyages auraient été programmés mais n’auraient pas été effectués, alors que des fonds publics avaient été décaissés. HaitiLibre rapporte notamment que dix des dix-sept missions prévues entre 2022 et 2024 n’auraient pas eu lieu, pour un montant de plus de 16,5 millions de gourdes déboursées.
Des médias ont également fait état d’autres anomalies présumées, notamment concernant des billets d’avion, le paiement de per diem et certains documents administratifs. Ces éléments figurent dans les conclusions de l’enquête anticorruption et demeurent, juridiquement, des accusations qui doivent être examinées par les autorités judiciaires compétentes.
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Un avis de recherche de l’ULCC
En mars 2025, l’ULCC avait officiellement annoncé rechercher activement Renan Hédouville dans le cadre de son enquête sur la gestion de l’OPC. Les faits évoqués comprenaient notamment la passation illégale de marchés publics, l’abus de fonction, le détournement de biens publics et l’entrave au bon fonctionnement de la justice.
L’ancien Protecteur du citoyen ne s’était pas présenté aux convocations de l’ULCC, selon les informations publiées à l’époque, ce qui avait conduit l’institution à émettre un avis de recherche à son encontre.
Vers un retour en Haïti ?
L’arrestation aux États-Unis pourrait désormais donner une nouvelle dimension au dossier. Si les informations relatives à une éventuelle déportation se confirment, Renan Hédouville pourrait être remis à la disposition des autorités haïtiennes afin de répondre aux procédures engagées contre lui.
Pour l’heure, aucune information officielle rendue publique ne permet toutefois de confirmer la date ou les modalités précises d’un éventuel retour en Haïti.
Cette affaire intervient dans un contexte où les dossiers de corruption impliquant d’anciens hauts responsables de l’État font régulièrement l’objet de critiques concernant la lenteur des procédures judiciaires. En juillet 2026, le RHAJAC citait encore le dossier de Renan Hédouville parmi ceux pour lesquels l’absence de suites judiciaires alimentait les interrogations sur l’efficacité de la lutte contre la corruption en Haïti.
L’arrestation de l’ancien Protecteur du citoyen aux États-Unis pourrait ainsi relancer l’attention autour d’un dossier qui était resté pendant plusieurs mois au centre des préoccupations de l’ULCC et des acteurs de la société civile.
La prochaine étape dépendra désormais des décisions prises par les autorités américaines concernant son statut migratoire et, le cas échéant, de la manière dont les autorités judiciaires haïtiennes donneront suite au dossier transmis par l’ULCC.


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