À Addis-Abeba, Raina Forbin appelle l’Afrique à renforcer son engagement aux côtés d’Haïti
La ministre haïtienne des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a lancé un appel à une mobilisation accrue des pays africains en faveur d’Haïti lors d’une réunion ministérielle organisée à Addis-Abeba, en Éthiopie. La rencontre, consacrée à l’examen à mi-parcours du Programme d’action de Doha en faveur des pays les moins avancés (PMA), a permis à la diplomatie haïtienne de mettre en avant les défis prioritaires du pays, notamment la sécurité, l’organisation des élections et la relance économique.
Par Dichi Joseph
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Cette réunion, organisée sous l’égide du Bureau de la Haute-Représentante des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (UN-OHRLLS), constitue une plateforme internationale pour les États confrontés à des difficultés structurelles et à des crises multiples.
Pour Haïti, cette participation représente une occasion de renforcer son plaidoyer auprès de ses partenaires internationaux, mais aussi de consolider ses liens historiques et stratégiques avec le continent africain.
La sécurité au cœur du plaidoyer haïtien
Dans son intervention, la ministre Raina Forbin a insisté sur le fait que le rétablissement de la sécurité demeure une condition indispensable à toute avancée durable en Haïti. Selon elle, sans stabilité, les objectifs de développement fixés dans le cadre du Programme d’action de Doha restent difficiles à atteindre.
La chancelière haïtienne a ainsi appelé les États africains et la communauté internationale à intensifier leur soutien aux priorités nationales d’Haïti, en particulier dans la lutte contre les groupes armés qui continuent de fragiliser les institutions, l’économie et la vie quotidienne de la population.
Elle a également plaidé pour le renouvellement du mandat et le déploiement complet de la Force de répression des gangs, tout en demandant une mobilisation plus importante des ressources financières, logistiques et opérationnelles nécessaires à son efficacité.
La ministre a salué l’engagement de plusieurs pays africains, notamment le Tchad, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, qui participent déjà aux efforts internationaux visant à accompagner Haïti dans la restauration de la sécurité.
Un appel au soutien du processus électoral
Au-delà de la question sécuritaire, Raina Forbin a rappelé l’importance de la tenue des élections en Haïti. Pour le gouvernement haïtien, le retour à un ordre institutionnel stable passe par l’organisation d’un processus électoral crédible permettant le renouvellement des autorités publiques.

Dans ce contexte, la diplomatie haïtienne cherche à obtenir un appui international plus large afin d’accompagner les différentes étapes du processus électoral et de renforcer la confiance autour des institutions.
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Des mécanismes financiers adaptés aux pays en crise
La ministre des Affaires étrangères a également attiré l’attention sur la nécessité de repenser les mécanismes de financement destinés aux pays confrontés à des crises prolongées.
Selon elle, les instruments traditionnels d’aide au développement ne répondent pas toujours aux réalités des États fragiles. Haïti plaide donc pour des mécanismes capables d’accompagner simultanément la stabilisation sécuritaire, la réponse humanitaire et la reconstruction économique.
Cette approche vise à éviter que les pays en crise restent enfermés dans une logique d’urgence permanente, sans possibilité d’engager un véritable processus de développement durable.
Une nouvelle étape dans le rapprochement entre Haïti et l’Afrique
La participation de Raina Forbin à Addis-Abeba s’inscrit dans une volonté de renforcer les relations entre Haïti et le continent africain. La ministre considère que les liens historiques entre les deux espaces peuvent constituer un levier stratégique pour répondre aux défis actuels du pays.
Alors qu’Haïti traverse une période marquée par une crise sécuritaire, institutionnelle et économique profonde, le gouvernement entend multiplier les démarches diplomatiques afin d’obtenir davantage de soutien international.
À Addis-Abeba, le message porté par la chancelière haïtienne est clair : Haïti souhaite transformer son héritage historique avec l’Afrique en une alliance concrète tournée vers la sécurité, la stabilité et le développement.


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